mercredi 22 juillet 2015

5 idées reçues sur l'Afrique

1)     Les Africains se ressemblent tous

Khosian girl : South Africa
« L’Afrique compte près de 2 000 ethnies différentes et regroupe un tiers des langues du monde. Et cette diversité s’observe également dans les gènes : nulle part ailleurs on ne trouve autant de variété dans le génome humain.
 La science l’a prouvée et continue à faire des recherches sur l’ADN des Africains mais il semble que cette diversité génétique se trouve autant entre les ethnies qu’au sein même des ethnies. » Courrier Ineternational
Afro-américain d'origine Nigérianne
Il ne faut pas oublier qu’en tant qu’habitant de cette planète, nous subissons tous le syndrome du « Cross Race Effect ». C’est l’impression que l'on a quand on observe une population que l'on a pas l'habitude de côtoyer. On pense en fait que tout le monde se ressemble. Si l’on est dans un environnement entouré de caucasiens, on n’aura pas de difficulté à les distinguer et à se rendre compte des différences de chacun. Et ce sera le contraire, si on se retrouve en Asie par exemple. On aura l’impression qu’ils se ressemblent tous car on doit se baser sur des critères totalement différents (autre que couleur des yeux ou cheveux) pour reconnaître les gens.
En Afrique, la morphologie des gens est différente en fonction de plusieurs éléments. Il y a toutes sortes de nuances de teintes de peau. Du brun le plus clair au noir le plus foncé. Certains sont grands, petits, musclés, gros, très minces…. Les traits du visage peuvent être très épais ou au contraire très fins. (Et cela même dans une même ethnie)
Mais quand on n'a pas un regard entraîné, ça peut être difficile de s'en rendre compte. Il faut vraiment avoir conscience de ce phénomène et éviter de faire des réflexions qui n’ont pas de sens.




 2) On parle africain en Afrique
Il y plus de 2000 langues pour 1 milliard de personnes en Afrique. Alors qu’il n’y en a que 24 dans toute l’Union européenne pour environ 500 million d’habitants.  A noter tout de même qu’en général, les Africains sont de très bons polyglottes. Au Rwanda par exemple, vous pouvez facilement croiser des gens qui parlent et comprennent le Français, l’Anglais, le Kinyarwanda et le Swahili.

                           3) L’Afrique n’est pas encore entrée dans l’histoire
C’est Monsieur Sarkozy qui s’est permis de dire ça. C’est assez désolant car j’ai déjà entendu ce type de réflexion de la part d’un de mes professeurs en secondaire. C’était un prof de latin et je me souviens très bien qu’il affirmait que l’Afrique était encore dans la préhistoire car les populations ne connaissaient pas l’écriture.  Dans le monde occidental, c’est l’invention de l’écriture qui fait que l’on passe de la Préhistoire à l’histoire. En général, on prend comme événement marquant son invention en Mésopotomie ou en Egypte vers -3500. Ce qui est assez étrange car ce sont des régions du monde qui hors Europe mais qui sont quand même pris comme référence pour l’Occident.
De plus, c’est une posture idéologique de prendre comme repère l’écriture pour se repérer dans le temps. Certes, de grandes civilisations se sont distingués grâce aux traces des écrits qu’ils ont laissés mais utiliser ce seul paramètre pour dire qu’on est entré dans l’histoire est (je trouve) assez exagéré. Après tout, certaines cultures orales perdurent encore très bien. L’écriture est un outil, un média mais la conscience et la mémoire populaire a de tout temps permis de se remémorer son histoire.
 Mais quand bien même, on prendrait ce seul paramètre, il est à noter qu’en Ethiopie, on a retrouvé les premiers écrits en Guèze vers le III ou IVéme siècle après Jésus-Christ.
Livre en Guèze d'Ethiopie

Au-delà de ça, bien sûr les hiéroglyphes des Egyptiens. Il y a aussi les manuscrits des Pharaons du Royaume de Koush (Nord du Soudan actuel) qui avaient à l'instar des Egyptiens, leurs propres Pharaons. Trois pays qui sont en Afrique mais qui ne semblent pas compter dans la tête de beaucoup d'intellectuels. Ces personnes désinforment complètement sur les nuances et les complexités de l’histoire du continent .
Le problème est que l'histoire de l’Afrique est tellement méconnue qu’elle apparaît comme inexistante.

4)Il n’y a que des paysages désertiques en Afrique
On représente toujours l’Afrique avec une image de la Savane sous un beau coucher de soleil. Mais c'est un continent énorme. Il y a le Sahara bien sûr mais aussi les volcans du Congo, la montagne Kilimandjaro en Tanzanie, les plages de Madagascar... Il y a autant de paysages que de pays en Afrique.  
Ouganda


Mozambique 
5)L’Afrique n’est pas moderne

Ah non ? En réalité, l’Afrique est un continent plein de contraste. Si il y a une bonne partie des habitants qui vivent dans la pauvreté, certaines personnes sont extrêmement riches. Mais ils profitent autant que nous des nouvelles technologies de l'information et de la communication. Ce que j’ai trouvé amusant en allant en Rwanda cet été, c’est que les gens font tout avec leurs téléphones. Ils envoient de l’argent au village et utilisent les réseaux sociaux. Les plus pauvres sont directement passés à l’ère du mobile car ils n’ont pas les moyens de s’acheter un ordinateur portable.
Oubliez les huttes … Ce type d’habitation ne représente plus qu’une minorité et la plupart des pays se développent à une vitesse grand V. Si vous atterrissez un jour à Nairobi ou à Abidjan, vous risquez surtout d'être accueilli par des grattes-ciels : 
Nairobi


jeudi 16 juillet 2015

Mes livres préférés du premier semestre de 2015- PART II



Voilà la seconde partie des livres qui m'ont marquée en ce début d'année de 2015. J'essaierai de faire une vidéo très prochainement pour vous donner plus de détails sur chacun de ces livres.



Tears of the Desert -Halima Bashir

C'est un livre vers lequel je ne me serai pas forcément tournée si il ne m'avait pas été offert. Et je remercie encore une fois la personne qui me l'a donné. <3 C'est l'autobiographie d'une jeune femme qui va connaitre les horreurs de la guerre. Le livre commence avec des doux souvenirs d'enfance et s'assombrit au fur et à mesure qu'Halima grandit. C'est l'histoire d'une Soudanaise noire et très intelligente. Elle vient d'une famille traditionnelle qui habite dans un petit village du Darfur. Elle adore son papa et son père le lui rend bien. Il a une admiration pour sa fille et l'a surnomme Rathebe (qui était une chanteuse sud-Africaine qui se battait pour les droits des noirs.) Son papa est persuadé que l'avenir de sa fille s'annonce brillant mais c'était sans compter sur les menaces de guerre qui planent au-dessus d'eux.
Au début, j'avais beaucoup d’appréhension face à ce livre. J'avais peur que l'histoire soit trop déprimante. Finalement, ça n'a pas été le cas. C'était une histoire réaliste mais pas triste. J'avais l'impression d'être cette petite fille qui mange des mangues, se fait gronder par sa grand-mère et va chercher de l'eau sous un soleil de plomb. Beaucoup de scènes sont très amusantes et j'ai beaucoup rigolé. C'est aussi un très bon livre si on souhaite comprendre le conflit au Darfour loin des statistiques et des reportages sanglants.
Pour mieux comprendre l'ambiance du livre : 
Quand Halima va à l'école primaire, elle se retrouve dans une grande ville et croise un couple de blancs. Bien que le Soudan est un pays aux ethnies diversifiées (notamment noirs, arabes et métisses), elle n'a jamais vu de blancs. Elle les observe et voit qu'ils portent tous les deux des chapeaux et qu'ils ont la couleur du beurre. Sur ce constat, elle se demande si comme le beurre, ils peuvent fondre au soleil. Épique !

No et moi - Delphine de Vigan

C'est un livre sur deux jeunes filles que tout oppose mais qui vont devenir amis. Lou, 13 ans est surdouée et introvertie. No, 18 ans se retrouve à la rue car elle a atteind la majorité et n'est plus prise en charge par le foyer pour mineurs.  Elles vont se rencontrer alors que Lou doit faire un exposé sur la situation des jeunes femmes SDF. Cette rencontre avec No va faire sortir Lou de son insouciance et elle va grandir un peu trop vite. Je n'ai pas envie de vous en dire plus. C'est un livre très court qui se découvre et se dévore très vite. Delphine de Vigan connait la tristesse, la solitude et les difficultés. On ressent dans sa plume que c'est quelqu'un qui a vécu énormément de moments sombres. J'ai pleuré maintes et maintes fois mais j'ai trouvé ce livre exceptionnel.
Une citation : 
"Dans la vie il y a un truc qui est gênant, un truc contre lequel on ne peut rien: il est impossible d'arrêter de penser. Quand j'étais petite je m'entraînais tous les soirs, allongée dans mon lit, j'essayais de faire le vide absolu, je chassais les idées les unes après les autres, avant même qu'elles deviennent des mots, je les exterminais à la racine, les annulais à la source, mais toujours je me heurtais au même problème: penser à arrêter de penser, c'est encore penser. Et contre ça on ne peut rien."





Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran d'Eric-Emmanuel Schmitt

C'est marrant qu'un petit livre de 78 pages puisse vous faire tout cet effet. Il n'a l'air de rien comme ça, mais c'est un chef-d'oeuvre tout en simplicité.  Je n'ai pas envie de le résumer parce que je pense que dire quelque chose serait déjà en dire trop (vu la taille du bouquin). Il faut juste savoir que c'est un livre qui veut aller au-delà des préjugés. Comme toujours avec Eric-Emmanuel Schmitt, il y a quelque chose de spirituel dans ses écrits. Comme dans une parabole, c'est à nous de décortiquer le sens qu'il peut y avoir dans toutes les petites conversations.
Un dialogue entre les deux personnages principaux: 
"— Monsieur Ibrahim, est-ce que vous trouvez que je suis beau ?
— Tu es très beau, Momo.
(....)
— Pourtant… pour le moment… le marché est calme…
— Évidemment, Momo, tu as vu comme tu t’y prends ? Tu les fixes en ayant l’air de dire : « Vous avez vu comme je suis beau. » Alors, forcément, elles rigolent.
Il faut que tu les regardes en ayant l’air de dire : « Je n’ai jamais vu plus belle que vous. » (...) Pour un homme normal, ta beauté, c'est celle que tu trouves à la femme. "