Ce livre est une anthologie de textes, de poèmes et d'interviews. Il donne une vue d'ensemble du secteur associatif et culturel de la diaspora congolaise en Belgique. Le livre se concentre sur l'art et l'apport des afrodescendant-e-s dans le milieu socio-culturel (surtout) à Bruxelles.
En Belgique, les populations d'Afrique subsahariennes font partie des diasporas les plus éduquées du pays mais elles cumulent en même temps, les plus hauts taux de chômage. Ce paradoxe rend les Africain-e-s de Belgique, en particulier les diasporas congolaises, très intéressantes à étudier.
Présentation des auteurs Sarah Demart est sociologue, chercheuse au Centre de l'ethnicité et des migrations. Gia Abrassart est journaliste indépendante et responsable de Café Congo.
Le patrimoine colonial belge
Les premiers chapitres parlent surtout du patrimoine colonial belge et de la difficulté qu'ont les Congolais à se faire entendre sur ces questions. Par exemple, sur Zwarte Piet, Tintin au Congo et puis bien sûr sur la fameuse statut de Léopold II qui suscite toujours tumultes et révoltes.
Un grand chapitre est consacré au Musée de Tervuren qui est le dernier musée colonial du monde. Ce musée est souvent décrié par la diaspora et le monde associatif. Il est en travaux depuis 2013 et il tente de devenir un musée postcolonial.
Une dichotomie au niveau du partage du pouvoir
Ce livre ne fait pas l'unanimité. Il y a deux ans, une soirée était organisée à l'occasion de la sortie du livre. Et l'ambiance était assez surréaliste.
Ce qui dérangeait à l'époque, c'était que les organismes de subventions du livre étaient complètement blanches. On ne peut pas dire que 'for us by us' soit la devise de 'créer en postcolonie'.
Moi, ce qui m'a vraiment dérangé, c'était le nombre très limité de penseurs, de politiques et de scientifiques dans ce livre.
Je comprends que le livre souhaitait mettre en avant les créateurs mais la création ne se limite pas à l'art. J'ai souvent eu l'impression que les personne qui pensent la soit disant 'post-colonie' étaient surtout incarnés par des Blancs Tandis que les artistes qui 'performent' cette postcolonie étaient africain-e-s.
J'ai donc trouvé, qu'on retombait par moments dans des vieux clichés, des Africain-e-s, doué-e-s en art mais qui n'avaient pas un esprit d'analyse rationnel.
Pour conclure, je pense que créer en post-colonie est un livre qu'on attendait depuis longtemps. Autant dans le milieu académique, qu'associatif et culturel. C'est un bel objet livre avec beaucoup d'illustrations, qui se lit facilement et se feuillette avec plaisir. On apprend beaucoup d'anecdotes sur la ville et sur ses habitants africains.
Ce livre conviendra aux curieux-ses qui veulent mieux comprendre les rapports délicats que la Belgique entretient avec ses anciens sujets coloniaux.
Il peut faire office de cadeau à une personne qui s'intéresse à ces sujets.
Je commence l'année par une question et une réflexion qui est constante dans ma tête en ce moment...
"On est nombreux à tâtonner pour trouver du sens là où il n’y en a pas, une raison de sortir du lit le matin. A peu près au même moment que toi, j’ai pensé qu’il résidait un sens dans une soif de découverte qui m’a poussée à bouffer de la culture à outrance, quitte à m’y obliger les jours où la motivation n’y était pas. A chaque nouvelle pièce ou nouveau livre, j’ai l’impression de m’être lavé les yeux et de voir le monde d’un regard neuf. Parfois comme à toi, ça ne me parle pas. Mais je suis contente d’être passée par là mais en ce moment j’ai l’impression de retomber dans un sentiment de vacuité.
En fait, découvrir tout ceci ne m’a pas fait avancer tant que ça. Et j’ai continué à tourner en rond mais avec quelques distractions en plus. Oui en fait c’est ça, je me mets à croire que la culture est juste une distraction de plus que certains placent au-dessus du jeu vidéo mais sans réel fondement à cette hiérarchie. (…)
Au fond, pourquoi essayer d’en savoir plus sur le monde ? Ça n’a pas vraiment plus de sens que de rester coucher aujourd’hui. Est-ce qu’une somme de connaissances, le fait d’avoir découvert tous ces regards incarnés dans une œuvre d’art nous change réellement en profondeur ? "
Et vous, qu'en pensez-vous?
J'ai découvert cette petite réflexion dans une vidéo de SolangeTeParle. C'est une artiste qui me parle vraiment en fait.
Avertissement: Cet article est écrit pour les personnes qui ont lu Hunger Games ou qui ont vu les films. Si ce n'est pas le cas, vous pouvez tout de même le lire mais sachez qu'il y aura quelques spoiliers.
1) Le pouvoir se maintient grâce à la peur
C'est tout le concept des "Jeux de la Faim" qui constituent l'épicentre de cette histoire. Panem se situe aux Etats-Unis actuels. Comme dans toutes les dystopies, le contexte n'est pas très clair. L'histoire se passe dans un univers post-apocalyptique. La face du monde a changé et les inégalités entre les personnes se sont creusés. Le Capitole est une cité futuriste où les habitants profitent d'une abondance de richesse. Le pays est divisé en 13 districts. A l'opposé des habitants de Panem, les habitants des districts sont très pauvres. Et tous les ans, chaque district doit tirer au sort deux enfants de sa région pour participer aux Jeux. Le jeu est une sorte de télé-réalité où il faut tuer tous ses adversaires pour gagner. Le prix pour le gagnant du concours est la nourriture en abondance pour son district durant toute une année.
Ces Jeux sont d'une cruauté extrême et montrent "qui est le chef." En mettant ainsi, chaque district en concurrence, on est sûr que les gens ne communiquent pas et ne puissent pas se rebeller. C'est une excellente illustration du fameux "diviser pour mieux régner".
2)" L'espoir est plus fort que la peur"
C'est une phrase prononcée par le président de Panem.
L'espoir permet la mise en place d'une rébellion. Alors qu'au contraire, c'est la peur qui maintient une dictature. Dans un régime totalitaire, les gens sont anxieux, ils ont peur de parler et évite le moindre problème. La peur crée un sentiment d'impuissance. Mais parfois, lorsqu'un certain nombre de conditions sont réunis, l'espoir grandit et les opprimés décident de prendre leurs destins en main.
3) Les médias : amis ou ennemis?
Ça dépend. Mais ils sont de toute façon indispensableS.
Dans Hunger Games (comme dans n'importe quel régime totalitaire), les médias traditionnels sont extrêmement contrôlés. Cependant, Katniss va réussir à les utiliser en sa faveur. Elle va faire des coups de communication pour avoir une bonne image auprès du public. Elle est très proche des journalistes et réussit à faire d'eux ses amis. L’héroïne a compris que pour survivre, elle devait réussir à plaire au public.
Paradoxalement, dans le dernier livre de Hunger Games, "la Révolte", les soulèvements dans les différents districts sont extrêmement réprimés par la police. Dans les médias, les activistes sont dépeint comme des fous et des bandits. C'est une rhétorique que l'on entend très souvent. "Les activistes troublent la paix. Les manifestants sont agressifs, ce sont des terroristes, ils cassent tout sur leur passages...."
4) Résistance pacifique ou violente?
Dans les groupes révolutionnaires, l'utilisation de la violence suscite un vif débat.
La colère est un sentiment légitime qui est à la base de toute révolte. Si il n'y a pas de colère, alors le changement n'est pas nécessaire. Alors, comment atteindre les changements sociaux? En manifestant pacifiquement, en prônant la désobéissance civile ou en prenant les armes? L'histoire nous a appris que toutes ces méthodes peuvent être efficaces. Mais dans Hunger Games, la violence semble inévitable pour changer le système.
5) Les symboles
Dans toutes les révolutions, les symboles ont une place très importante. Quand ils sont utilisés par un très grand nombre de personne, ils permettent de retrouver un sentiment d'appartenance. Ils permettent à l'être-humain de ne pas se sentir seul dans un environnement hostile.
Un geste de la main
En politique, les gestes liés aux mains sont forts présents. Que ce soit pour chanter l'hymne national ou pour prononcer un serment. Une gestuelle propre est appliquée en fonction de ce que l'on veut montrer. L'extrême droite possède son propre salut le fameux "Heil Hitler". Tandis que les activistes de gauche utilise le poing pour se rallier.
Nelson Mandela utilise le poing pour marquer la lutte des noirs d'Afrique du Sud.
Le poing est également utilisé aux Etats-Unis pour lutter contre la ségrégation.
Dans Hunger Games, c'est le salut à trois doigts qui est utilisé pour montrer que les tribus sont tous ensemble dans le même combat.
Image du film Hunger Games
Un chant ou un slogan sur lequel se rassembler
Un chant ou un slogan peut être utilisé mais ce qui importe vraiment, c'est le message. On a vu cette année beaucoup de manifestations aux Etats-Unis pour lutter contre le racisme. Ils ont utilisé différents slogans tout au long des manifestations. Par exemple, le "Black lives matter" ou "I can't breathe" .... "Un slogan est une formule concise et frappante qui exprime une idée qu'un émetteur veut diffuser ou autour de laquelle il veut rassembler (fonctions respectives de recrutement, reconnaissance et ralliement)." Wikipedia Dans Hunger Games, c'est le chant de l'arbre qui permet aux gens de se rassembler. Cette chanson appelle à la vengeance. Elle invite les gens à se rassembler pour récupérer tout ce que Panem leur a volé. Que ce soit les vies (tués par le Capitole) ou bien les richesses.
"Are you, are you
Coming to the tree?."
Une image: le geai moqueur
Le geai moqueur est un animal fictif inventé par l'auteur du livre. Dans le livre, ce sont des oiseaux à l'ADN génétiquement modifié qui sont capables d'imiter le chant de l'homme. Katniss va les utiliser dans le jeu pour survivre et communiquer avec ses partenaires. Dans d'autres révolutions, ce sont les Œilletsou bien les roses qui ont été utilisé.
Un leader charismatique
Dans Hunger Games, Katniss est une héroïne malgré elle. C'est une fille intègre qui jusqu'à la fin, malgré toutes les épreuves qu'elle doit mener, va rester fidèle à elle même. Elle est sans le vouloir, prise au piège dans un système énorme. Elle est utilisée comme symbole mais ce n'est pas elle qui est l'instigatrice de la révolution. Elle n'a pas peur de prendre des risques et d'aller jusqu'au bout de la mission qu'on lui a confié. Elle possède une aura que tout le monde peut ressentir. Elle me fait pensé à Che Guevara car il était très proche du peuple et n'avait pas peur de se salir les mains pour se rapprocher des gens.
Dans le monde réel, (tout comme dans Hunger Games), la question est de savoir si l'après-révolution va rendre le monde meilleur. Est-ce vraiment une bonne idée de mettre tous ses espoirs dans une seule et même idéologie? Est-ce que faire tomber le pouvoir va vraiment permettre de mettre en place un gouvernement égalitaire et démocratique?
Une chose est sûre dans le monde réel, les révolutions échouent souvent mais les idéaux restent toujours dans les mémoires.
Voilà la seconde partie des livres qui m'ont marquée en ce début d'année de 2015. J'essaierai de faire une vidéo très prochainement pour vous donner plus de détails sur chacun de ces livres.
Tears of the Desert -Halima Bashir
C'est un livre vers lequel je ne me serai pas forcément tournée si il ne m'avait pas été offert. Et je remercie encore une fois la personne qui me l'a donné. <3 C'est l'autobiographie d'une jeune femme qui va connaitre les horreurs de la guerre. Le livre commence avec des doux souvenirs d'enfance et s'assombrit au fur et à mesure qu'Halima grandit. C'est l'histoire d'une Soudanaise noire et très intelligente. Elle vient d'une famille traditionnelle qui habite dans un petit village du Darfur. Elle adore son papa et son père le lui rend bien. Il a une admiration pour sa fille et l'a surnomme Rathebe (qui était une chanteuse sud-Africaine qui se battait pour les droits des noirs.) Son papa est persuadé que l'avenir de sa fille s'annonce brillant mais c'était sans compter sur les menaces de guerre qui planent au-dessus d'eux.
Au début, j'avais beaucoup d’appréhension face à ce livre. J'avais peur que l'histoire soit trop déprimante. Finalement, ça n'a pas été le cas. C'était une histoire réaliste mais pas triste. J'avais l'impression d'être cette petite fille qui mange des mangues, se fait gronder par sa grand-mère et va chercher de l'eau sous un soleil de plomb. Beaucoup de scènes sont très amusantes et j'ai beaucoup rigolé. C'est aussi un très bon livre si on souhaite comprendre le conflit au Darfour loin des statistiques et des reportages sanglants. Pour mieux comprendre l'ambiance du livre :
Quand Halima va à l'école primaire, elle se retrouve dans une grande ville et croise un couple de blancs. Bien que le Soudan est un pays aux ethnies diversifiées (notamment noirs, arabes et métisses), elle n'a jamais vu de blancs. Elle les observe et voit qu'ils portent tous les deux des chapeaux et qu'ils ont la couleur du beurre. Sur ce constat, elle se demande si comme le beurre, ils peuvent fondre au soleil. Épique ! No et moi - Delphine de Vigan
C'est un livre sur deux jeunes filles que tout oppose mais qui vont devenir amis. Lou, 13 ans est surdouée et introvertie. No, 18 ans se retrouve à la rue car elle a atteind la majorité et n'est plus prise en charge par le foyer pour mineurs. Elles vont se rencontrer alors que Lou doit faire un exposé sur la situation des jeunes femmes SDF. Cette rencontre avec No va faire sortir Lou de son insouciance et elle va grandir un peu trop vite. Je n'ai pas envie de vous en dire plus. C'est un livre très court qui se découvre et se dévore très vite. Delphine de Vigan connait la tristesse, la solitude et les difficultés. On ressent dans sa plume que c'est quelqu'un qui a vécu énormément de moments sombres. J'ai pleuré maintes et maintes fois mais j'ai trouvé ce livre exceptionnel. Une citation :
"Dans la vie il y a un truc qui est gênant, un truc contre lequel on ne peut rien: il est impossible d'arrêter de penser. Quand j'étais petite je m'entraînais tous les soirs, allongée dans mon lit, j'essayais de faire le vide absolu, je chassais les idées les unes après les autres, avant même qu'elles deviennent des mots, je les exterminais à la racine, les annulais à la source, mais toujours je me heurtais au même problème: penser à arrêter de penser, c'est encore penser. Et contre ça on ne peut rien."
Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran d'Eric-Emmanuel Schmitt
C'est marrant qu'un petit livre de 78 pages puisse vous faire tout cet effet. Il n'a l'air de rien comme ça, mais c'est un chef-d'oeuvre tout en simplicité. Je n'ai pas envie de le résumer parce que je pense que dire quelque chose serait déjà en dire trop (vu la taille du bouquin). Il faut juste savoir que c'est un livre qui veut aller au-delà des préjugés. Comme toujours avec Eric-Emmanuel Schmitt, il y a quelque chose de spirituel dans ses écrits. Comme dans une parabole, c'est à nous de décortiquer le sens qu'il peut y avoir dans toutes les petites conversations. Un dialogue entre les deux personnages principaux: "— Monsieur Ibrahim, est-ce que vous trouvez que je suis beau ? — Tu es très beau, Momo. (....) — Pourtant… pour le moment… le marché est calme… — Évidemment, Momo, tu as vu comme tu t’y prends ? Tu les fixes en ayant l’air de dire : « Vous avez vu comme je suis beau. » Alors, forcément, elles rigolent. Il faut que tu les regardes en ayant l’air de dire : « Je n’ai jamais vu plus belle que vous. » (...) Pour un homme normal, ta beauté, c'est celle que tu trouves à la femme. "
Dans la lignée de mon article sur comment se remettre à la lecture, je vous propose une sélection des 5 livres qui m'ont marquée ce premier semestre de 2015. Ce sont des livres auxquels je suis très attachée. C'est un assortiment assez varié avec des biographies, du contemporain et de la jeunesse. Je pense que l'été est la bonne période pour se remettre à la lecture, alors je vous encourage vraiment à piocher dans un de ces livres.
Oona & Salinger de Frédéric Beigbeder
J'ai découvert ce livre en regardant "On n'est pas couché". Monsieur Beigbeder est assez connu grâce à son magazine "Lou" mais aussi et surtout grâce à son livre à succès l'amour dure trois ans (adapté au cinéma par lui-même). Ici, c'est une sorte de biographie de J.D Salinger mais aussi d'Oona O'neill. Oona est la fille du célèbre écrivain Eugène O'neill. C'est une sorte de IT girl du New-York des années 30. Il est difficile de classer ce livre dans le genre "biographie" parce qu'il y a des éléments véritables et d'autres inventés par l'auteur. C'est à la fois une fiction, une romance et une biographie. Il y a aussi certains faits historiques très intéressant sur la seconde guerre mondiale et la "Chasse aux Sorcières" des USA. Après la rupture des deux protagonistes, Salinger va être éclipsée par l'histoire d'amour d'Oona et de Charlie Chaplin (qui a le double de son âge). C'est l'autre grand thème de ce livre : les relations avec un grand écart au niveau de l'âge. Beigbeder se compare sans cesse à Chaplin et Oona parce qu’il vit luit même ce type de relation. Certains reprochent à Beigbeder de toujours s'immiscer dans les histoires qu'ils racontent mais ça fait parti de ce que j'ai aimé. On voit qu'écrire est plus qu'une passion pour lui mais une sorte de thérapie. C'est un livre à double et même à triple voix par moment. Et chacun des personnages donnent vie à une histoire extraordinaire. L'écrivain a un don pour dire les choses d'une façon simple mais tellement vrai.
Quelques citations :
"Le coup de foudre existe, il a lieu tous les jours, à chaque arrêt d'autobus, entre des personnes qui n'osent pas se parler. Les êtres qui s'aiment le plus sont ceux qui ne s'aimeront jamais."
"Ta tristesse... elle sort quand même, elle trouve toujours la sortie. C'est ce qui fait ton charme : tu souris tout le temps, mais tes yeux appellent au secours."
Les désorientés - Amin Maalouf
Ce livre est également une biographie mais dans un tout autre genre. Amin Maalouf est connu pour ses essais qui parlent beaucoup de politique. Cette fois-ci, il nous surprend dans une histoire qui nous laisse entrevoir sa propre vie. C'est l'histoire d'un groupe d'amis vivant dans un pays arabe. Ils se sont connus à l'université et ils partagent de grandes idées et de beaux idéaux. Le groupe se disloquent lors de la guerre au Liban*. Ils vivent tous des réalités différentes dans des pays différents. Quelques uns sont restés au pays et d'autres ont fui très loin. Ils décident de se retrouver lors de la mort d'un d'entre. De son propre aveu, c'est un livre auto-biographique avec certains éléments de fiction. En même temps, il y parle beaucoup de politique, d'histoire et de sociologie sans que ça en devienne étouffant. L'écrivain mélange certaines caractéristiques du roman à ses raisonnements intellectuelles et c'est un excellent moyen de fluidifier la lecture. Et d'ainsi, joindre l'utile à l'agréable car on apprend énormément sur le Moyen-Orient tout en se divertissant. C'est un livre assez long mais je n'ai eu aucun mal à le finir très vite. Bien que ce soit un auteur reconnu et primé à l'Académie française, je le trouve très accessible. Tout le monde pourra se régaler en lisant les "désorientés" mais ceux qui ont connu le déchirement que peut être la rupture avec son pays d'origine pourront s'identifier à Amin.
Une petite citation :
"Le pays où tu peux vivre la tête haute, tu lui donnes tout, tu lui sacrifies tout, même ta propre vie; celui où tu dois vivre le tête basse, tu ne lui donnes rien. Qu'il s'agisse de ton pays d'accueil ou de ton pays d'origine. La magnanimité appelle la magnanimité, l'indifférence appelle l'indifférence, et le mépris appelle le mépris. Telle est la charte des êtres libres et, pour ma part, je n'en reconnais aucune autre."
* A noter, que M. Maalouf ne nomme jamais le pays dans lequel se déroule l'histoire.
J'ai toujours aimé lire sans pour autant que ce soit une priorité dans ma vie. Ca va bientôt faire un an que je me suis remise sérieusement à la lecture et que je prends un grand plaisir à découvrir des auteurs que je ne connaissais pas. A présent, j'essaie de lire au moins deux livres par mois en moyenne. Ce n'est pas énorme mais je reviens de très loin. J'avais envie de donner quelques conseils à celles et ceux qui ont un peu perdu le goût pour la lecture mais souhaiterait le retrouver.
1) Aller faire du shopping livresque
C'est un peu comme tout le reste, il faut se donner envie de lire. Que ce soit dans les librairies, les bibliothèques, les brocantes, les magasins de livres de seconde-main. Il faut retoucher les livres pour avoir envie de les dévorer. L'appétit vient en mangeant. Alors allez-y, sentez, touchez et lisez les quatrièmes de couverture. Peut-être allez-vous trouver votre bonheur au hasard d'une promenade entre les étales.
2) Coupez la musique
J'ai remarqué que beaucoup de gens écoutaient de la musique dans les transports en commun, les parcs et les lieux publics en général. Prenez le temps de faire plaisir à votre imaginaire et pas juste à vos oreilles. Je sais que certains peuvent faire les deux sans problème mais pour ceux qui commencent avec la lecture, il est possible qu'ils aient un peu de mal au début avec leur capacité de concentration. Alors rangez votre lecteur de musique et ouvrez vos livres.
Photo Pinterest
3) Évitez toute distraction pendant quelques minutes voire quelques heures
L'une des principales raisons qui font que certaines personnes lisent de moins en moins, c'est l'énorme quantité de divertissement. (Que ce soit avec la télé, l'ordinateur et même les smartphones. )
Il est vraiment important de se donner du temps où l'on ne voit rien et on n'écoute rien. Prenez chaque jour, à un moment donné de la journée au moins 30 minutes où vous lisez. Éteignez tous vos écrans et laissez une chance aux simples feuilles de papier.
4) Abonnez vous à des blogs ou des chaines Youtube littéraires
Bien que les réseaux sociaux aient été l'une des principales raisons qui ont fait que je délaisse les livres, c'est paradoxalement eux aussi qui m'ont permis de retourner vers la lecture. Ça peut vraiment vous aider à découvrir des livres et vous permettre de comprendre mieux le monde de l'édition. Il y en a vraiment pour tous les goûts (bien que la plupart des chaines/blogs sont axés jeunesse)
Mes chaines préférées anglophones et francophones :
Demandez conseil à votre libraire, bibliothécaire...
Il y a des personnes dont c'est le métier de conseiller et ils le font souvent très bien.
Informez-vous via les médias pour connaître les nouveautés et les rentrées littéraires.
J'aime bien regarder la rubrique littérature dans "On n'est pas couché" pour avoir des avis. Ce que j'aime c'est que les écrivains sont francophones et les genres sont très diversifiés.
6) Créez une wishlist et une PAL
Comme on dit dans le jargon de Booktube *, il faut avoir la liste de livre que l'on souhaite acheter
et une pile à lire. C'est bien de le faire quand on connait ses goûts et quand on a une idée plus précise du type de livres que l'on souhaite lire. Ça permet de toujours avoir des livres en réserve et ça peut vraiment vous motiver à lire.
7) Rangez votre bibliothèque
Un exemple de rangement de livre couleur arc-en-ciel
Qu'elle soit très grande ou très petite, ça va vous permettre d'avoir une idée de vos "accomplissements "en matière de lecture. Lire peut parfois être une activité assez abstraite et avoir un objet tangible qui vous rappellent toutes ces histoires va vous faire plaisir.
8) Tournez-vous vers des valeurs sûres
Si c'est la première fois que vous vous mettez à la lecture, ne prenez pas de risque. Rangez les classiques et les livres compliqués, et tournez vous vers quelque chose qui vous plaît. Vous aimez les policiers ou les romances à la télé? Cherchez les livres qui correspond au genre que vous affectionnez. La plupart des séries télés que l'on adore sont des adaptations de livres, alors commencez peut-être par là.
9) Changez de format..
Si vraiment, le livre papier ce n'est pas votre truc, essayez les livres numériques ou les livres audio. C'est une toute autre expérience de lecture qui pourrait mieux satisfaire vos besoins et s'adapter à votre mode de vie.
10) Lisez, lisez des......... citations
N’hésitez pas à regarder les citations et les quotes qui fleurissent partout sur les réseaux sociaux. Ça peut vous aider à découvrir un auteur ou un genre. C'est aussi ça, la valeur ajoutée des réseaux sociaux sur l'expérience liée à la lecture
*Jargon du web qui associe Books et Youtube pour nommer l'ensemble des chaines littéraires sur Youtube
Il est rare que je parle roman sur ce blog mais aujourd'hui je voulais faire une exception. Plus jeune, je passais mon temps et ma vie à lire Je n'avais rien du mieux à faire : j'étais boutonneuse et complexée, je ne pouvais pas sortir (Si tu avais des parents paranos, tape des mains ! Clap clap !) et je n'avais pas encore découvert les joies du streaming. Tout cela me permettait dévorer plus de 10 livres par an. Aujourd'hui, ma vie a changé. J'ai fort heureusement une vie sociale et un programme de cours & de stage bien rempli. J'ai délaissé mes bouquins et j'ai tendance à ne faire des piqûres de rappel que pendant l'été. Ce week-end, j'ai fouillé dans ma bibliothèque et j'ai trouvé mon bonheur.
Je ne connaissais pas l'auteure mais j'ai trouvé le titre du bouquin marrant. Et bien qu'il ne faut pas juger un livre par sa couverture, celle-ci est particulièrement jolie. Je vous résume le livre rapidement.
C'est l'histoire d'une trentenaire, maman de trois enfants qui se fait larguer par son mari le jour de Noel. "Il est parti avec mon cœur dans sa minable valise, pleine de mon minable passé avec lui, quelques caleçons et trois chemises dont une repassée par mes soins. "
Un été où ses enfants sont chez leur papa, elle rencontre Antoine. Elle le rencontre lors d'une soirée disco et décide de passer la nuit avec lui avant même de connaitre son nom. Ils vivent une aventure de vacances sans engagement, sans promesse avec simplement la certitude de passer un bel été. De retour de vacances, la jeune femme retrouve sa vie de maman avec quelques passages furtifs d'Antoine. Sans s'en rendre compte, elle s'attache à lui et doit remettre en question toutes ses certitudes.
L'auteure navigue entre le blog et la revue psychologique. C'est une histoire vraie, un peu autobiographique, un peu romancée mais jamais kitch. Elle aborde le rapport qu'a la femme avec ses envies, ses obligations. Elle s'interroge et se questionne sur le bien fondé des histoires d'amour. Elle est drôle, elle a la plume facile et elle arrive même à me laisser perplexe. C'est un roman qui se lit confortablement et rapidement. Peut-être même trop rapidement.